Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

accès rapides, services personnalisés
FACULTÉ DE CHIMIE
UPMC UFR 926

Conférence Alain Sevin le 18 septembre 2012

LA CHIMIE "SCIENCE CENTRALE"  : CONSEQUENCES ET RISQUES

Dans le cadre des "Mardis de la Chimie" :

Alain Sevin (LCT / UPMC)

Conférence  et questions

 

Diapositives de la conférence (2 MB)

Résumé :
    La chimie peut être définie comme la « science centrale ». Science de la matière pondérale, elle partage des frontières avec toutes les autres disciplines scientifiques, aussi bien lors de ses activités de recherche et d’innovation que par le biais de ses innombrables applications dans la vie quotidienne. Cette familiarité la rend particulièrement exposée à l’ensemble des critiques qui sont adressées aujourd’hui à la science. Après avoir longtemps bénéficié d’une phase d’euphorie, la notion de progrès scientifique devient l’objet de vives critiques, non pas quant à son principe, mais l’ensemble de ses conséquences. Nous proposons une analyse de ce phénomène en insistant sur la nature particulière de l’activité du chimiste.
L’art du chimiste. Les racines de la chimie sont ancrées dans la pratique très ancienne des transformations de la matière. De cette longue histoire, elle conserve un vocabulaire où les termes anthropocentriques liés à la manipulation des substances sont nombreux. Elle reste pour l’essentiel, un art manuel où l’intuition, l’habileté, l’esprit de finesse sont déterminants. Ce n’est que dans un deuxième temps que cette pratique peut être extrapolée à la production de masse. Longtemps attaché, selon les préceptes d’Aristote, à imiter la nature, la chimie contemporaine, en s’émancipant, s’en inspire toujours, mais dans le but de la dépasser. La « création »  continue de nouveaux matériaux et molécules très divers souligne une maîtrise croissante. Le débat entre le « naturel » et le « synthétique » s’inscrit dans cette perspective.
Pour une réflexion philosophique sur l’activité du chimiste.
La domination sans partage de la technique suscite de vives critiques philosophiques car l’extension de ses domaines d’activité ne trouve souvent sa justification que dans les besoins crées par l’accroissement de cette même technique.
L’activité du chimiste doit intégrer des facteurs auxquels jusqu’alors il était peu sensible. Il doit non seulement utiliser son talent à résoudre des défis sans cesse renouvelés, mais aussi, en dehors de la question du « comment œuvrer ?», il doit désormais intégrer la prise en compte des conséquences de son travail, dans ses interactions avec un environnement social et physique qui étend ses limites à l’ensemble de la planète. Ce n’est qu’un retour à ses sources anciennes, quand le « chymiste » était aussi « philosophe ».

Note biographique:

 Alain Sevin fête en 2012 un demi-siècle passé au service de la recherche et de l’enseignement. Il commence ses travaux de recherche en chimie organique (thèse en 1968), puis s’oriente vers la chimie théorique en rejoignant en 1976 le groupe des professeurs Salem à Orsay et Devaquet à Paris. Il dirige le laboratoire de Chimie Organique Théorique (1981-1995), puis le laboratoire de Chimie Théorique (1996-2004). Enseignant à Paris VI, à l’Ecole Polytechnique et à l’Ecole Nationale Supérieure de Techniques Avancées. Directeur de Recherche, il est retraité du CNRS (Emérite de 2006 à 2011).

 

Alain Frigara - 14/09/16